Dans les temps anciens le Berry était la demeure de nombreuses divinités qui peuplaient les forêts, habitaient les sources babillardes, vivaient dans le secret des grottes mystérieuses. Les druides aux longues robes blanches récoltaient de leur faucille d'or le gui sur les chênes sacrés; les eaux vives dispensaient leurs vertus miraculeuses, et des processions venaient rendre hommage aux dieux qui dormaient au coeur des pierres. Puis le christianisme imposa le culte du dieu unique. Pourtant les croyances anciennes ne furent jamais complètement oubliées. Continuant à vivre dans l'imaginaire collectif, elles ne cessèrent de réapparaître à travers les légendes qui se racontaient à la veillée; des traditions et des rites magiques qui perdurèrent au cours des siècles. C'est grâce à Jean Defrasne, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur agréé d'histoire, auteur de nombreux ouvrages sur les contes et traditions populaires, et Marie-Louise Raffesti Defrasne, que nous pouvons pénétrer ce monde mystérieux du Berry.Extrait du livre :Extrait :C'était aux premiers âges du monde en ce «printemps fleuri de la terre» où foisonnait, éclatait partout la vie. Adam et Eve gisaient encore dans les limbes d'un futur incertain, mais des créatures ayant atteint leur apparence définitive côtoyaient des animaux étranges, brouillons inachevés des êtres à venir. Certains, nous dit la légende, ne possédaient qu'un oeil, un oeil unique au milieu du front. Le vieux poète Homère s'en souvenait-il lorsqu'il imaginait le farouche Cyclope ? Parmi ces êtres qui se contentaient d'un oeil unique pour contempler le spectacle merveilleux du monde, la ronde joyeuse ou mélancolique des saisons, il y avait un tout petit oiseau, aux plumes grises ébouriffées, au gosier vibrant d'un chant passionné, le rossignol. Il nichait dans une vigne et, tout le long du jour, il égrenait des trilles éblouissants pour dire son admiration devant la beauté des choses, pour chanter le vert tendre d'une jeune pousse, le vernis d'une feuille, les jeux étonnants de lumière et d'ombre que le soleil fait mouvoir dans les frondaisons. Au pied de la vigne, un mince ruban d'argent pâle, presque transparent, glissait doucement, et parfois une petite tête se dressait pour mieux écouter le virtuose. C'était l'orvet, le langou comme on dit en Berry, pauvre petit «serpent de verre» inoffensif, et si fragile qu'on peut le briser si on le manie sans précaution. L'orvet est maintenant un reptile aveugle, mais en ce temps-là il possédait lui aussi son oeil unique. Et le langou nourrissait pour le chant du rossignol une admiration éperdue. Pendant des heures, enroulé au pied d'un cep de vigne ou bien allongé au soleil sur la terre chaude et sèche, il se laissait enchanter par la voix d'or.
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Détails:Dans les temps anciens le Berry était la demeure de nombreuses divinités qui peuplaient les forêts, habitaient les sources babillardes, vivaient dans le secret des grottes mystérieuses. Les druides aux longues robes blanches récoltaient de leur faucille d'or le gui sur les chênes sacrés; les eaux vives dispensaient leurs vertus miraculeuses, et des processions venaient rendre hommage aux dieux qui dormaient au coeur des pierres. Puis le christianisme imposa le culte du dieu unique. Pourtant les croyances anciennes ne furent jamais complètement oubliées. Continuant à vivre dans l'imaginaire collectif, elles ne cessèrent de réapparaître à travers les légendes qui se racontaient à la veillée; des traditions et des rites magiques qui perdurèrent au cours des siècles. C'est grâce à Jean Defrasne, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur agréé d'histoire, auteur de nombreux ouvrages sur les contes et traditions populaires, et Marie-Louise Raffesti Defrasne, que nous pouvons pénétrer ce monde mystérieux du Berry.Extrait du livre :Extrait :C'était aux premiers âges du monde en ce «printemps fleuri de la terre» où foisonnait, éclatait partout la vie. Adam et Eve gisaient encore dans les limbes d'un futur incertain, mais des créatures ayant atteint leur apparence définitive côtoyaient des animaux étranges, brouillons inachevés des êtres à venir. Certains, nous dit la légende, ne possédaient qu'un oeil, un oeil unique au milieu du front. Le vieux poète Homère s'en souvenait-il lorsqu'il imaginait le farouche Cyclope ? Parmi ces êtres qui se contentaient d'un oeil unique pour contempler le spectacle merveilleux du monde, la ronde joyeuse ou mélancolique des saisons, il y avait un tout petit oiseau, aux plumes grises ébouriffées, au gosier vibrant d'un chant passionné, le rossignol. Il nichait dans une vigne et, tout le long du jour, il égrenait des trilles éblouissants pour dire son admiration devant la beauté des choses, pour chanter le vert tendre d'une jeune pousse, le vernis d'une feuille, les jeux étonnants de lumière et d'ombre que le soleil fait mouvoir dans les frondaisons. Au pied de la vigne, un mince ruban d'argent pâle, presque transparent, glissait doucement, et parfois une petite tête se dressait pour mieux écouter le virtuose. C'était l'orvet, le langou comme on dit en Berry, pauvre petit «serpent de verre» inoffensif, et si fragile qu'on peut le briser si on le manie sans précaution. L'orvet est maintenant un reptile aveugle, mais en ce temps-là il possédait lui aussi son oeil unique. Et le langou nourrissait pour le chant du rossignol une admiration éperdue. Pendant des heures, enroulé au pied d'un cep de vigne ou bien allongé au soleil sur la terre chaude et sèche, il se laissait enchanter par la voix d'or.
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Dans les temps anciens le Berry était la demeure de nombreuses divinités qui peuplaient les forêts, habitaient les sources babillardes, vivaient dans le secret des grottes mystérieuses. Les druides aux longues robes blanches récoltaient de leur faucille d'or le gui sur les chênes sacrés; les eaux vives dispensaient leurs vertus miraculeuses, et des processions venaient rendre hommage aux dieux qui dormaient au coeur des pierres. Puis le christianisme imposa le culte du dieu unique. Pourtant les croyances anciennes ne furent jamais complètement oubliées. Continuant à vivre dans l'imaginaire collectif, elles ne cessèrent de réapparaître à travers les légendes qui se racontaient à la veillée; des traditions et des rites magiques qui perdurèrent au cours des siècles. C'est grâce à Jean Defrasne, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur agréé d'histoire, auteur de nombreux ouvrages sur les contes et traditions populaires, et Marie-Louise Raffesti Defrasne, que nous pouvons pénétrer ce monde mystérieux du Berry.Extrait du livre :Extrait :C'était aux premiers âges du monde en ce «printemps fleuri de la terre» où foisonnait, éclatait partout la vie. Adam et Eve gisaient encore dans les limbes d'un futur incertain, mais des créatures ayant atteint leur apparence définitive côtoyaient des animaux étranges, brouillons inachevés des êtres à venir. Certains, nous dit la légende, ne possédaient qu'un oeil, un oeil unique au milieu du front. Le vieux poète Homère s'en souvenait-il lorsqu'il imaginait le farouche Cyclope ? Parmi ces êtres qui se contentaient d'un oeil unique pour contempler le spectacle merveilleux du monde, la ronde joyeuse ou mélancolique des saisons, il y avait un tout petit oiseau, aux plumes grises ébouriffées, au gosier vibrant d'un chant passionné, le rossignol. Il nichait dans une vigne et, tout le long du jour, il égrenait des trilles éblouissants pour dire son admiration devant la beauté des choses, pour chanter le vert tendre d'une jeune pousse, le vernis d'une feuille, les jeux étonnants de lumière et d'ombre que le soleil fait mouvoir dans les frondaisons. Au pied de la vigne, un mince ruban d'argent pâle, presque transparent, glissait doucement, et parfois une petite tête se dressait pour mieux écouter le virtuose. C'était l'orvet, le langou comme on dit en Berry, pauvre petit «serpent de verre» inoffensif, et si fragile qu'on peut le briser si on le manie sans précaution. L'orvet est maintenant un reptile aveugle, mais en ce temps-là il possédait lui aussi son oeil unique. Et le langou nourrissait pour le chant du rossignol une admiration éperdue. Pendant des heures, enroulé au pied d'un cep de vigne ou bien allongé au soleil sur la terre chaude et sèche, il se laissait enchanter par la voix d'or.
Général | |
|---|---|
Taille | 1 |
Marque | Cabedita |
Couleur | blanches/grises/vert |
Matériau | argent |
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