Au lendemain de la perestroïka bulgare, trois garçons d'à peine plus de vingt ans grimpent dans un bus à destination de Paris pour y voler des voitures.Lucky, Marco et la Perche ont des rêves différents, mais tous trois ont décidé de changer de destin. Derrière eux : une petite ville sur la mer Noire, autrefois en vogue parmi les «pays frères». Rongée par l'attente, elle devient une banlieue de l'Europe. Devant, il y a la France, qu'ils imaginent comme dans les films de Louis de Funès : riante, proprette, un peu niaise. Mais avec les squats, la salle d'attente de l'OFPRA, les grands magasins et leurs vigiles, ce n'est pas seulement Paris qu'ils découvrent, c'est aussi et surtout leur condition d'étrangers.«De toute façon, quand tu parles mal la langue d'un pays, les gens ont toujours tendance à te prendre pour un con.» Serrures, fausses clés, alarmes, plaques minéralogiques : le vol de voitures est présenté comme un artisanat, le rythme en plus. Savov mène son récit tambour battant.Après l'euphorie, après quelques revers aussi, une question revient, lancinante : à quoi bon ? À quoi bon accumuler encore si l'on se condamne à vivre seul ? Les gars de la bande se répètent sans cesse : «Pas de femme à bord !» Mais Lucky ne veut plus d'une barque incapable de chavirer. Il sent, lui, qu'il a le coeur tout palpitant d'amour. Et il aura l'héroïsme du voyou qui choisit les fleurs - et l'écriture.Svetlan Savov est né en Bulgarie en 1964. Cinq ans après son arrivée en France, en 1990, il écrit son premier livre directement en français, un récit poignant : Noël ensemble (publié en 2001 par Gaspard Nocturne et prochainement réédité par Noir sur Blanc). Il vit aujourd'hui en région parisienne.Extrait du livre :Aujourd'hui, pas un de mes anciens compères ne sait où j'habite. Ils me demanderaient beaucoup trop de «services» ! J'ai coupé tous les ponts avec le passé... Ah ! petite Marie pleine de grâce !... Quant à mon projet de livre, elle n'en sait rien encore. On lui dira plus tard, si ça marche. À part moi, y a que Maggy qu'est au parfum. Elle aime bien marcher sur mon calepin et se vautrer dessus, comme si elle voulait me dire : «Laisse tomber, petit gars ! T'es pas à la hauteur, tu vois pas ? Viens plutôt avec moi, on va manger un morceau à la cuisine et après on va jouer !» Et moi, j'hésite, vous savez ? C'est très tentant, la vie de chat ! La petite Marie, elle se contente des dessins que je lui fais : des requins, et des petits lapins qui vraiment ne ressemblent à rien. Mais elle est compréhensive, elle voit bien que je ne suis pas Picasso. Alors, vous aussi, n'est-ce pas, chères lectrices et chers lecteurs (éventuels, restons modestes), soyez un peu indulgents. Mon histoire vous semblera peut-être un peu sans queue ni tête, mais à la fin vous vous y retrouverez bien. Je l'espère en tout cas. Mais avant de commencer, il y a un détail qui me chiffonne un peu : donner ma nationalité. Car ce ne serait pas très valorisant, n'est-ce pas, pour les gens de mon pays de raconter mes «exploits» de petite frappe à travers toute l'Europe. Moi, je suis, j'ai été un voyou, d'accord, un pirate indélicat. J'avoue ! Mais les autres y sont pour rien. Il y a des gens très bien, vous savez, dans mon pays. Des petites gens modestes, honnêtes et tout, et ce serait dommage que les gars de mon espèce, certes un peu «révolutionnaires», on les confonde avec tout un pays. Je vous donne un petit exemple : il y a quelque temps, l'équipe française de foot s'est fait battre méchamment, à la dernière minute, par l'équipe de mon pays et de ce fait, elle a été éliminée pour le Mondial aux États-Unis. Vous l'avez deviné, mon pays c'est la Bulgarie. Alors depuis, votre célèbre commentateur T. R. s'est déchaîné contre les footballeurs bulgares, et pas seulement contre eux. «Quels voyous ! qu'il a dit, quels bourreaux, ces Bulgares !» Remarquez, il a pas dit ces footballeurs bulgares, mais Bulgares tout court. Vous me direz : c'est dans le feu de l'action, c'est un passionné, T. R. ! Il est con, d'accord, c'est une grosse tête, mais quand même ! Il parle de tout un pays, huit millions d'habitants, avec femmes, enfants et grands-mères... Moi, quand je l'entends dire ça, cet abruti de T. R., ça me fait toujours penser à Boris, mon ami d'enfance.
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Détails:Au lendemain de la perestroïka bulgare, trois garçons d'à peine plus de vingt ans grimpent dans un bus à destination de Paris pour y voler des voitures.Lucky, Marco et la Perche ont des rêves différents, mais tous trois ont décidé de changer de destin. Derrière eux : une petite ville sur la mer Noire, autrefois en vogue parmi les «pays frères». Rongée par l'attente, elle devient une banlieue de l'Europe. Devant, il y a la France, qu'ils imaginent comme dans les films de Louis de Funès : riante, proprette, un peu niaise. Mais avec les squats, la salle d'attente de l'OFPRA, les grands magasins et leurs vigiles, ce n'est pas seulement Paris qu'ils découvrent, c'est aussi et surtout leur condition d'étrangers.«De toute façon, quand tu parles mal la langue d'un pays, les gens ont toujours tendance à te prendre pour un con.» Serrures, fausses clés, alarmes, plaques minéralogiques : le vol de voitures est présenté comme un artisanat, le rythme en plus. Savov mène son récit tambour battant.Après l'euphorie, après quelques revers aussi, une question revient, lancinante : à quoi bon ? À quoi bon accumuler encore si l'on se condamne à vivre seul ? Les gars de la bande se répètent sans cesse : «Pas de femme à bord !» Mais Lucky ne veut plus d'une barque incapable de chavirer. Il sent, lui, qu'il a le coeur tout palpitant d'amour. Et il aura l'héroïsme du voyou qui choisit les fleurs - et l'écriture.Svetlan Savov est né en Bulgarie en 1964. Cinq ans après son arrivée en France, en 1990, il écrit son premier livre directement en français, un récit poignant : Noël ensemble (publié en 2001 par Gaspard Nocturne et prochainement réédité par Noir sur Blanc). Il vit aujourd'hui en région parisienne.Extrait du livre :Aujourd'hui, pas un de mes anciens compères ne sait où j'habite. Ils me demanderaient beaucoup trop de «services» ! J'ai coupé tous les ponts avec le passé... Ah ! petite Marie pleine de grâce !... Quant à mon projet de livre, elle n'en sait rien encore. On lui dira plus tard, si ça marche. À part moi, y a que Maggy qu'est au parfum. Elle aime bien marcher sur mon calepin et se vautrer dessus, comme si elle voulait me dire : «Laisse tomber, petit gars ! T'es pas à la hauteur, tu vois pas ? Viens plutôt avec moi, on va manger un morceau à la cuisine et après on va jouer !» Et moi, j'hésite, vous savez ? C'est très tentant, la vie de chat ! La petite Marie, elle se contente des dessins que je lui fais : des requins, et des petits lapins qui vraiment ne ressemblent à rien. Mais elle est compréhensive, elle voit bien que je ne suis pas Picasso. Alors, vous aussi, n'est-ce pas, chères lectrices et chers lecteurs (éventuels, restons modestes), soyez un peu indulgents. Mon histoire vous semblera peut-être un peu sans queue ni tête, mais à la fin vous vous y retrouverez bien. Je l'espère en tout cas. Mais avant de commencer, il y a un détail qui me chiffonne un peu : donner ma nationalité. Car ce ne serait pas très valorisant, n'est-ce pas, pour les gens de mon pays de raconter mes «exploits» de petite frappe à travers toute l'Europe. Moi, je suis, j'ai été un voyou, d'accord, un pirate indélicat. J'avoue ! Mais les autres y sont pour rien. Il y a des gens très bien, vous savez, dans mon pays. Des petites gens modestes, honnêtes et tout, et ce serait dommage que les gars de mon espèce, certes un peu «révolutionnaires», on les confonde avec tout un pays. Je vous donne un petit exemple : il y a quelque temps, l'équipe française de foot s'est fait battre méchamment, à la dernière minute, par l'équipe de mon pays et de ce fait, elle a été éliminée pour le Mondial aux États-Unis. Vous l'avez deviné, mon pays c'est la Bulgarie. Alors depuis, votre célèbre commentateur T. R. s'est déchaîné contre les footballeurs bulgares, et pas seulement contre eux. «Quels voyous ! qu'il a dit, quels bourreaux, ces Bulgares !» Remarquez, il a pas dit ces footballeurs bulgares, mais Bulgares tout court. Vous me direz : c'est dans le feu de l'action, c'est un passionné, T. R. ! Il est con, d'accord, c'est une grosse tête, mais quand même ! Il parle de tout un pays, huit millions d'habitants, avec femmes, enfants et grands-mères... Moi, quand je l'entends dire ça, cet abruti de T. R., ça me fait toujours penser à Boris, mon ami d'enfance.
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Au lendemain de la perestroïka bulgare, trois garçons d'à peine plus de vingt ans grimpent dans un bus à destination de Paris pour y voler des voitures.Lucky, Marco et la Perche ont des rêves différents, mais tous trois ont décidé de changer de destin. Derrière eux : une petite ville sur la mer Noire, autrefois en vogue parmi les «pays frères». Rongée par l'attente, elle devient une banlieue de l'Europe. Devant, il y a la France, qu'ils imaginent comme dans les films de Louis de Funès : riante, proprette, un peu niaise. Mais avec les squats, la salle d'attente de l'OFPRA, les grands magasins et leurs vigiles, ce n'est pas seulement Paris qu'ils découvrent, c'est aussi et surtout leur condition d'étrangers.«De toute façon, quand tu parles mal la langue d'un pays, les gens ont toujours tendance à te prendre pour un con.» Serrures, fausses clés, alarmes, plaques minéralogiques : le vol de voitures est présenté comme un artisanat, le rythme en plus. Savov mène son récit tambour battant.Après l'euphorie, après quelques revers aussi, une question revient, lancinante : à quoi bon ? À quoi bon accumuler encore si l'on se condamne à vivre seul ? Les gars de la bande se répètent sans cesse : «Pas de femme à bord !» Mais Lucky ne veut plus d'une barque incapable de chavirer. Il sent, lui, qu'il a le coeur tout palpitant d'amour. Et il aura l'héroïsme du voyou qui choisit les fleurs - et l'écriture.Svetlan Savov est né en Bulgarie en 1964. Cinq ans après son arrivée en France, en 1990, il écrit son premier livre directement en français, un récit poignant : Noël ensemble (publié en 2001 par Gaspard Nocturne et prochainement réédité par Noir sur Blanc). Il vit aujourd'hui en région parisienne.Extrait du livre :Aujourd'hui, pas un de mes anciens compères ne sait où j'habite. Ils me demanderaient beaucoup trop de «services» ! J'ai coupé tous les ponts avec le passé... Ah ! petite Marie pleine de grâce !... Quant à mon projet de livre, elle n'en sait rien encore. On lui dira plus tard, si ça marche. À part moi, y a que Maggy qu'est au parfum. Elle aime bien marcher sur mon calepin et se vautrer dessus, comme si elle voulait me dire : «Laisse tomber, petit gars ! T'es pas à la hauteur, tu vois pas ? Viens plutôt avec moi, on va manger un morceau à la cuisine et après on va jouer !» Et moi, j'hésite, vous savez ? C'est très tentant, la vie de chat ! La petite Marie, elle se contente des dessins que je lui fais : des requins, et des petits lapins qui vraiment ne ressemblent à rien. Mais elle est compréhensive, elle voit bien que je ne suis pas Picasso. Alors, vous aussi, n'est-ce pas, chères lectrices et chers lecteurs (éventuels, restons modestes), soyez un peu indulgents. Mon histoire vous semblera peut-être un peu sans queue ni tête, mais à la fin vous vous y retrouverez bien. Je l'espère en tout cas. Mais avant de commencer, il y a un détail qui me chiffonne un peu : donner ma nationalité. Car ce ne serait pas très valorisant, n'est-ce pas, pour les gens de mon pays de raconter mes «exploits» de petite frappe à travers toute l'Europe. Moi, je suis, j'ai été un voyou, d'accord, un pirate indélicat. J'avoue ! Mais les autres y sont pour rien. Il y a des gens très bien, vous savez, dans mon pays. Des petites gens modestes, honnêtes et tout, et ce serait dommage que les gars de mon espèce, certes un peu «révolutionnaires», on les confonde avec tout un pays. Je vous donne un petit exemple : il y a quelque temps, l'équipe française de foot s'est fait battre méchamment, à la dernière minute, par l'équipe de mon pays et de ce fait, elle a été éliminée pour le Mondial aux États-Unis. Vous l'avez deviné, mon pays c'est la Bulgarie. Alors depuis, votre célèbre commentateur T. R. s'est déchaîné contre les footballeurs bulgares, et pas seulement contre eux. «Quels voyous ! qu'il a dit, quels bourreaux, ces Bulgares !» Remarquez, il a pas dit ces footballeurs bulgares, mais Bulgares tout court. Vous me direz : c'est dans le feu de l'action, c'est un passionné, T. R. ! Il est con, d'accord, c'est une grosse tête, mais quand même ! Il parle de tout un pays, huit millions d'habitants, avec femmes, enfants et grands-mères... Moi, quand je l'entends dire ça, cet abruti de T. R., ça me fait toujours penser à Boris, mon ami d'enfance.
Général | |
|---|---|
Taille | 1 |
Tranche d'âge | kids |
Couleur | noir/blanc |
Sexe | male |
Marque | Noir Sur Blanc |
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