



L'avocat Charles Benesteau décide brusquement de rompre avec la bourgeoisie à laquelle il appartient pour s'installer dans un quartier populaire de Paris. Il quitte famille, amis, situation et richesse pour chercher la liberté dans la solitude et l'exil intérieur. Il rejette un monde cruel et incapable d'un geste désintéressé. Mais changer de vie ne paraît extraordinaire que pour les autres, et le dévouement désintéressé de Charles va provoquer la suspicion. Il est pris dans une spirale infernale, kafkaïenne, exprimant la question fondamentale : «Maîtrisons-nous notre destinée ou sommes-nous le jouet d'une main invisible ?»Emmanuel Bove (1898-1945) a été révélé par Colette qui édita son premier roman, Mes amis. Auteur prolixe dans les années vingt et trente, il connut un sort enviable en rencontrant à la fois le succès public, l'admiration de ses pairs et celle de la critique. Après guerre, son oeuvre tomba curieusement dans l'oubli avant de susciter un nouvel engouement en France ainsi qu'à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, grâce à Peter Handke et Wim Wenders. Le Castor Astral a publié plusieurs de ses livres, ainsi que sa biographie, Emmanuel Bove, la vie comme une ambre, signée Raymond Gousse et Jean-Luc Bitton.Extrait du livre :Le 13 août 1931, sur la fin de l'après-midi, un homme pouvant avoir une cinquantaine d'années montait l'avenue du Maine. Il était vêtu d'un costume foncé et coiffé d'un feutre d'un gris clair passé. Il portait quelques provisions pour son dîner, soigneusement enveloppées et ficelées dans un papier marron. Personne ne le remarquait tant son aspect était quelconque. Sa moustache noire, son binocle, sa chemise à grosses rayures, ses chaussures de chevreau craquelé comme un vieux vase, n'attiraient en effet pas l'attention.Au coin d'une rue, il s'arrêta plusieurs minutes pour regarder jouer des enfants, sans se demander si sa curiosité allait provoquer un attroupement. Il avait l'expression attendrie d'un père à qui la mort aurait ravi un fils. Plus loin, pour entrer dans un bureau de tabac, il dut traverser l'avenue. Il le fit avec d'innombrables précautions, un bras levé pour attirer l'attention des chauffeurs, dans le sillage d'une voiture d'enfant. Il faisait lourd. Le ciel était couvert et pourtant la lumière était aveuglante. Les camionneurs, nombreux dans ce quartier proche de la gare Montparnasse, avaient ôté leur veste. D'un siège à l'autre ils échangeaient des injures aussi naturellement qu'on respire, et cela dans l'indifférence générale. À la hauteur du cimetière, Charles Benesteau - ainsi s'appelait cet homme - tourna à droite dans la rue de Vanves. Deux cents mètres plus loin, il s'arrêtait devant une maison à la façade comme noircie au fusain. Sur un côté de l'entrée, une plaque signalait aux passants l'existence d'un certain docteur Swartz, spécialiste des maladies de la gorge. Sans frapper, il ouvrit la porte de la loge, en disant: «C'est moi», prit un journal déposé à son intention sur un petit guéridon, et commença à gravir l'escalier.Il y avait un peu plus d'un an que Charles Benesteau s'était séparé de sa femme, de ses enfants, qu'il n'avait plus reparu au Palais, qu'il avait rompu avec sa famille, sa belle-famille, ses amis, qu'il avait quitté son appartement du boulevard de Clichy. Que s'était-il passé ?
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Détails:L'avocat Charles Benesteau décide brusquement de rompre avec la bourgeoisie à laquelle il appartient pour s'installer dans un quartier populaire de Paris. Il quitte famille, amis, situation et richesse pour chercher la liberté dans la solitude et l'exil intérieur. Il rejette un monde cruel et incapable d'un geste désintéressé. Mais changer de vie ne paraît extraordinaire que pour les autres, et le dévouement désintéressé de Charles va provoquer la suspicion. Il est pris dans une spirale infernale, kafkaïenne, exprimant la question fondamentale : «Maîtrisons-nous notre destinée ou sommes-nous le jouet d'une main invisible ?»Emmanuel Bove (1898-1945) a été révélé par Colette qui édita son premier roman, Mes amis. Auteur prolixe dans les années vingt et trente, il connut un sort enviable en rencontrant à la fois le succès public, l'admiration de ses pairs et celle de la critique. Après guerre, son oeuvre tomba curieusement dans l'oubli avant de susciter un nouvel engouement en France ainsi qu'à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, grâce à Peter Handke et Wim Wenders. Le Castor Astral a publié plusieurs de ses livres, ainsi que sa biographie, Emmanuel Bove, la vie comme une ambre, signée Raymond Gousse et Jean-Luc Bitton.Extrait du livre :Le 13 août 1931, sur la fin de l'après-midi, un homme pouvant avoir une cinquantaine d'années montait l'avenue du Maine. Il était vêtu d'un costume foncé et coiffé d'un feutre d'un gris clair passé. Il portait quelques provisions pour son dîner, soigneusement enveloppées et ficelées dans un papier marron. Personne ne le remarquait tant son aspect était quelconque. Sa moustache noire, son binocle, sa chemise à grosses rayures, ses chaussures de chevreau craquelé comme un vieux vase, n'attiraient en effet pas l'attention.Au coin d'une rue, il s'arrêta plusieurs minutes pour regarder jouer des enfants, sans se demander si sa curiosité allait provoquer un attroupement. Il avait l'expression attendrie d'un père à qui la mort aurait ravi un fils. Plus loin, pour entrer dans un bureau de tabac, il dut traverser l'avenue. Il le fit avec d'innombrables précautions, un bras levé pour attirer l'attention des chauffeurs, dans le sillage d'une voiture d'enfant. Il faisait lourd. Le ciel était couvert et pourtant la lumière était aveuglante. Les camionneurs, nombreux dans ce quartier proche de la gare Montparnasse, avaient ôté leur veste. D'un siège à l'autre ils échangeaient des injures aussi naturellement qu'on respire, et cela dans l'indifférence générale. À la hauteur du cimetière, Charles Benesteau - ainsi s'appelait cet homme - tourna à droite dans la rue de Vanves. Deux cents mètres plus loin, il s'arrêtait devant une maison à la façade comme noircie au fusain. Sur un côté de l'entrée, une plaque signalait aux passants l'existence d'un certain docteur Swartz, spécialiste des maladies de la gorge. Sans frapper, il ouvrit la porte de la loge, en disant: «C'est moi», prit un journal déposé à son intention sur un petit guéridon, et commença à gravir l'escalier.Il y avait un peu plus d'un an que Charles Benesteau s'était séparé de sa femme, de ses enfants, qu'il n'avait plus reparu au Palais, qu'il avait rompu avec sa famille, sa belle-famille, ses amis, qu'il avait quitté son appartement du boulevard de Clichy. Que s'était-il passé ?
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L'avocat Charles Benesteau décide brusquement de rompre avec la bourgeoisie à laquelle il appartient pour s'installer dans un quartier populaire de Paris. Il quitte famille, amis, situation et richesse pour chercher la liberté dans la solitude et l'exil intérieur. Il rejette un monde cruel et incapable d'un geste désintéressé. Mais changer de vie ne paraît extraordinaire que pour les autres, et le dévouement désintéressé de Charles va provoquer la suspicion. Il est pris dans une spirale infernale, kafkaïenne, exprimant la question fondamentale : «Maîtrisons-nous notre destinée ou sommes-nous le jouet d'une main invisible ?»Emmanuel Bove (1898-1945) a été révélé par Colette qui édita son premier roman, Mes amis. Auteur prolixe dans les années vingt et trente, il connut un sort enviable en rencontrant à la fois le succès public, l'admiration de ses pairs et celle de la critique. Après guerre, son oeuvre tomba curieusement dans l'oubli avant de susciter un nouvel engouement en France ainsi qu'à l'étranger, et particulièrement en Allemagne, grâce à Peter Handke et Wim Wenders. Le Castor Astral a publié plusieurs de ses livres, ainsi que sa biographie, Emmanuel Bove, la vie comme une ambre, signée Raymond Gousse et Jean-Luc Bitton.Extrait du livre :Le 13 août 1931, sur la fin de l'après-midi, un homme pouvant avoir une cinquantaine d'années montait l'avenue du Maine. Il était vêtu d'un costume foncé et coiffé d'un feutre d'un gris clair passé. Il portait quelques provisions pour son dîner, soigneusement enveloppées et ficelées dans un papier marron. Personne ne le remarquait tant son aspect était quelconque. Sa moustache noire, son binocle, sa chemise à grosses rayures, ses chaussures de chevreau craquelé comme un vieux vase, n'attiraient en effet pas l'attention.Au coin d'une rue, il s'arrêta plusieurs minutes pour regarder jouer des enfants, sans se demander si sa curiosité allait provoquer un attroupement. Il avait l'expression attendrie d'un père à qui la mort aurait ravi un fils. Plus loin, pour entrer dans un bureau de tabac, il dut traverser l'avenue. Il le fit avec d'innombrables précautions, un bras levé pour attirer l'attention des chauffeurs, dans le sillage d'une voiture d'enfant. Il faisait lourd. Le ciel était couvert et pourtant la lumière était aveuglante. Les camionneurs, nombreux dans ce quartier proche de la gare Montparnasse, avaient ôté leur veste. D'un siège à l'autre ils échangeaient des injures aussi naturellement qu'on respire, et cela dans l'indifférence générale. À la hauteur du cimetière, Charles Benesteau - ainsi s'appelait cet homme - tourna à droite dans la rue de Vanves. Deux cents mètres plus loin, il s'arrêtait devant une maison à la façade comme noircie au fusain. Sur un côté de l'entrée, une plaque signalait aux passants l'existence d'un certain docteur Swartz, spécialiste des maladies de la gorge. Sans frapper, il ouvrit la porte de la loge, en disant: «C'est moi», prit un journal déposé à son intention sur un petit guéridon, et commença à gravir l'escalier.Il y avait un peu plus d'un an que Charles Benesteau s'était séparé de sa femme, de ses enfants, qu'il n'avait plus reparu au Palais, qu'il avait rompu avec sa famille, sa belle-famille, ses amis, qu'il avait quitté son appartement du boulevard de Clichy. Que s'était-il passé ?
Général | |
|---|---|
Taille | 1 |
Marque | Emmanuel Bove |
Tranche d'âge | Adulte |
Couleur | gris/clair/marron |
Sexe | male |
Matériau | papier |
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