Les chambres closes Histoire d'une prostituée juive d'Algérie - Germaine Aziz - Nouveau Monde Eds - Poche - Essai
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«Esther et Germaine Aziz, madame la directrice vous demande dans son bureau.»On va voir maman ! Nous abandonnons nos gamelles pour courir, main dans la main, dans les couloirs de l'Assistance publique, encore plus longs que d'habitude.«Tu crois que le petit frère est né ?- Je ne sais pas... sûrement. Enfin, j'espère !» Moi aussi je l'espère, je m'ennuie trop de maman.La directrice me fait un peu peur, pourtant c'est d'une voix très douce qu'elle demande à ma soeur, mon aînée de quatre ans :«Quand avez-vous vu votre maman pour la dernière fois ?»Je m'en souvenais très bien, elle n'était venue qu'une fois, une seule depuis que nous étions ici, et nous avait apporté des bananes. Elle nous avait dit qu'elle nous aimait mais qu'elle était trop malade pour quitter plus souvent son lit.Ma soeur parle de cette histoire de bananes en éclatant en sanglots. Je me demande pourquoi la directrice nous pose cette question, mais en voyant Esther pleurer, je comprends qu'il nous est arrivé un malheur :«Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu as ?- Maman est morte», hurle-t-elle.Je ne comprends pas. Je me tourne vers la femme impo­sante derrière son bureau. Elle reste silencieuse. Comment ça, morte ? Je ne suis pas sûre de savoir ce que cela signifie pour les grandes personnes, ça doit être triste. Je demande :«Est-ce que ça veut dire qu'on ne la verra plus ?- Oui, ça veut dire ça ! Plus jamais...»Je ne me rappelle pas grand-chose. Cela fait trop mal. Je pleure jour et nuit, noyée. J'ai perdu tout ce que je possédais au monde.Beaucoup plus tard, je ne verserai plus sur le souvenir de ma mère des larmes d'enfant mais des larmes de femme qui pleure sur une autre femme morte trop jeune. De quels espoirs, quelles illusions, quels bonheurs la mort l'avait-elle frustrée ?...Entre mes parents, originaires d'Algérie, ce fut d'abord le grand amour et, quand ma soeur vint au monde, mon père, Jacob, épousa Julie, ma mère. Le fils d'un rabbin connu et vénéré à Oran se mésalliait avec une petite couturière d'ori­gine très modeste, fille d'un docker et d'une femme de ménage. Jacob, vaniteux à l'extrême mais trop paresseux pour travailler, rêvait de riches conquêtes féminines qui réaliseraient ses goûts de luxe. Julie trimait dur pour entretenir et habiller son mari. Pour lui, c'était normal. Pour elle, cela n'allait pas sans révolte. Une de mes tantes m'a raconté qu'un jour, excédée de le voir parader, «n'être bon qu'à cela», ma mère prit ses ciseaux de couturière et mit en lambeaux la garde-robe de Jacob. Pourtant, elle lui avait coûté cher ! Elle en représentait, des heures de travail ! Jacob, paraît-il, ne lui a jamais pardonné ce geste : mortifié comme un paon dont on aurait taillé les plumes.Bône (Algérie), 1943. Juive, orpheline et pauvre, Germaine Aziz n'a que dix-sept ans lorsqu'elle est vendue à une maison de passe et séquestrée. Elle doit faire face à la réalité des bordels : des dizaines de clients par jour, la douleur physique, l'interdiction de sortir ou de voir le jour, la violence du «milieu», l'injustice de la société et de l'Etat, complices et hypocrites. Prise au piège, Germaine n'a plus qu'un seul objectif : retrouver sa liberté volée. Des maisons closes algériennes au trottoir parisien où elle découvre la solitude, la marginalité et le mépris, elle ne cesse de lutter contre la misère de sa condition, nourrissant l'espoir d'être enfin, grâce à l'instruction et le travail, respectée en tant qu'être humain.Portées par une écriture touchante et spontanée, Les Chambres closes retracent la quête d'indépendance d'une femme broyée par un système aveugle. Brûlot contre la colonisation, plaidoyer contre l'exploitation de la femme, ce témoignage unique soulève aussi des questions toujours d'actualité : quel peut être le statut de la prostitution dans notre société et qu'en est-il du rôle de l'Etat ?Germaine Aziz (1926-2003) a été journaliste à Libération et a également publié Animal Zone (Presses de la Renaissance, 1998), son deuxième livre autobiographique.Préface de Christelle Taraud, historienne, auteur de La Prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962 (Payot, 2003).

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«Esther et Germaine Aziz, madame la directrice vous demande dans son bureau.»On va voir maman ! Nous abandonnons nos gamelles pour courir, main dans la main, dans les couloirs de l'Assistance publique, encore plus longs que d'habitude.«Tu crois que le petit frère est né ?- Je ne sais pas... sûrement. Enfin, j'espère !» Moi aussi je l'espère, je m'ennuie trop de maman.La directrice me fait un peu peur, pourtant c'est d'une voix très douce qu'elle demande à ma soeur, mon aînée de quatre ans :«Quand avez-vous vu votre maman pour la dernière fois ?»Je m'en souvenais très bien, elle n'était venue qu'une fois, une seule depuis que nous étions ici, et nous avait apporté des bananes. Elle nous avait dit qu'elle nous aimait mais qu'elle était trop malade pour quitter plus souvent son lit.Ma soeur parle de cette histoire de bananes en éclatant en sanglots. Je me demande pourquoi la directrice nous pose cette question, mais en voyant Esther pleurer, je comprends qu'il nous est arrivé un malheur :«Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu as ?- Maman est morte», hurle-t-elle.Je ne comprends pas. Je me tourne vers la femme impo­sante derrière son bureau. Elle reste silencieuse. Comment ça, morte ? Je ne suis pas sûre de savoir ce que cela signifie pour les grandes personnes, ça doit être triste. Je demande :«Est-ce que ça veut dire qu'on ne la verra plus ?- Oui, ça veut dire ça ! Plus jamais...»Je ne me rappelle pas grand-chose. Cela fait trop mal. Je pleure jour et nuit, noyée. J'ai perdu tout ce que je possédais au monde.Beaucoup plus tard, je ne verserai plus sur le souvenir de ma mère des larmes d'enfant mais des larmes de femme qui pleure sur une autre femme morte trop jeune. De quels espoirs, quelles illusions, quels bonheurs la mort l'avait-elle frustrée ?...Entre mes parents, originaires d'Algérie, ce fut d'abord le grand amour et, quand ma soeur vint au monde, mon père, Jacob, épousa Julie, ma mère. Le fils d'un rabbin connu et vénéré à Oran se mésalliait avec une petite couturière d'ori­gine très modeste, fille d'un docker et d'une femme de ménage. Jacob, vaniteux à l'extrême mais trop paresseux pour travailler, rêvait de riches conquêtes féminines qui réaliseraient ses goûts de luxe. Julie trimait dur pour entretenir et habiller son mari. Pour lui, c'était normal. Pour elle, cela n'allait pas sans révolte. Une de mes tantes m'a raconté qu'un jour, excédée de le voir parader, «n'être bon qu'à cela», ma mère prit ses ciseaux de couturière et mit en lambeaux la garde-robe de Jacob. Pourtant, elle lui avait coûté cher ! Elle en représentait, des heures de travail ! Jacob, paraît-il, ne lui a jamais pardonné ce geste : mortifié comme un paon dont on aurait taillé les plumes.Bône (Algérie), 1943. Juive, orpheline et pauvre, Germaine Aziz n'a que dix-sept ans lorsqu'elle est vendue à une maison de passe et séquestrée. Elle doit faire face à la réalité des bordels : des dizaines de clients par jour, la douleur physique, l'interdiction de sortir ou de voir le jour, la violence du «milieu», l'injustice de la société et de l'Etat, complices et hypocrites. Prise au piège, Germaine n'a plus qu'un seul objectif : retrouver sa liberté volée. Des maisons closes algériennes au trottoir parisien où elle découvre la solitude, la marginalité et le mépris, elle ne cesse de lutter contre la misère de sa condition, nourrissant l'espoir d'être enfin, grâce à l'instruction et le travail, respectée en tant qu'être humain.Portées par une écriture touchante et spontanée, Les Chambres closes retracent la quête d'indépendance d'une femme broyée par un système aveugle. Brûlot contre la colonisation, plaidoyer contre l'exploitation de la femme, ce témoignage unique soulève aussi des questions toujours d'actualité : quel peut être le statut de la prostitution dans notre société et qu'en est-il du rôle de l'Etat ?Germaine Aziz (1926-2003) a été journaliste à Libération et a également publié Animal Zone (Presses de la Renaissance, 1998), son deuxième livre autobiographique.Préface de Christelle Taraud, historienne, auteur de La Prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962 (Payot, 2003).

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«Esther et Germaine Aziz, madame la directrice vous demande dans son bureau.»On va voir maman ! Nous abandonnons nos gamelles pour courir, main dans la main, dans les couloirs de l'Assistance publique, encore plus longs que d'habitude.«Tu crois que le petit frère est né ?- Je ne sais pas... sûrement. Enfin, j'espère !» Moi aussi je l'espère, je m'ennuie trop de maman.La directrice me fait un peu peur, pourtant c'est d'une voix très douce qu'elle demande à ma soeur, mon aînée de quatre ans :«Quand avez-vous vu votre maman pour la dernière fois ?»Je m'en souvenais très bien, elle n'était venue qu'une fois, une seule depuis que nous étions ici, et nous avait apporté des bananes. Elle nous avait dit qu'elle nous aimait mais qu'elle était trop malade pour quitter plus souvent son lit.Ma soeur parle de cette histoire de bananes en éclatant en sanglots. Je me demande pourquoi la directrice nous pose cette question, mais en voyant Esther pleurer, je comprends qu'il nous est arrivé un malheur :«Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu as ?- Maman est morte», hurle-t-elle.Je ne comprends pas. Je me tourne vers la femme impo­sante derrière son bureau. Elle reste silencieuse. Comment ça, morte ? Je ne suis pas sûre de savoir ce que cela signifie pour les grandes personnes, ça doit être triste. Je demande :«Est-ce que ça veut dire qu'on ne la verra plus ?- Oui, ça veut dire ça ! Plus jamais...»Je ne me rappelle pas grand-chose. Cela fait trop mal. Je pleure jour et nuit, noyée. J'ai perdu tout ce que je possédais au monde.Beaucoup plus tard, je ne verserai plus sur le souvenir de ma mère des larmes d'enfant mais des larmes de femme qui pleure sur une autre femme morte trop jeune. De quels espoirs, quelles illusions, quels bonheurs la mort l'avait-elle frustrée ?...Entre mes parents, originaires d'Algérie, ce fut d'abord le grand amour et, quand ma soeur vint au monde, mon père, Jacob, épousa Julie, ma mère. Le fils d'un rabbin connu et vénéré à Oran se mésalliait avec une petite couturière d'ori­gine très modeste, fille d'un docker et d'une femme de ménage. Jacob, vaniteux à l'extrême mais trop paresseux pour travailler, rêvait de riches conquêtes féminines qui réaliseraient ses goûts de luxe. Julie trimait dur pour entretenir et habiller son mari. Pour lui, c'était normal. Pour elle, cela n'allait pas sans révolte. Une de mes tantes m'a raconté qu'un jour, excédée de le voir parader, «n'être bon qu'à cela», ma mère prit ses ciseaux de couturière et mit en lambeaux la garde-robe de Jacob. Pourtant, elle lui avait coûté cher ! Elle en représentait, des heures de travail ! Jacob, paraît-il, ne lui a jamais pardonné ce geste : mortifié comme un paon dont on aurait taillé les plumes.Bône (Algérie), 1943. Juive, orpheline et pauvre, Germaine Aziz n'a que dix-sept ans lorsqu'elle est vendue à une maison de passe et séquestrée. Elle doit faire face à la réalité des bordels : des dizaines de clients par jour, la douleur physique, l'interdiction de sortir ou de voir le jour, la violence du «milieu», l'injustice de la société et de l'Etat, complices et hypocrites. Prise au piège, Germaine n'a plus qu'un seul objectif : retrouver sa liberté volée. Des maisons closes algériennes au trottoir parisien où elle découvre la solitude, la marginalité et le mépris, elle ne cesse de lutter contre la misère de sa condition, nourrissant l'espoir d'être enfin, grâce à l'instruction et le travail, respectée en tant qu'être humain.Portées par une écriture touchante et spontanée, Les Chambres closes retracent la quête d'indépendance d'une femme broyée par un système aveugle. Brûlot contre la colonisation, plaidoyer contre l'exploitation de la femme, ce témoignage unique soulève aussi des questions toujours d'actualité : quel peut être le statut de la prostitution dans notre société et qu'en est-il du rôle de l'Etat ?Germaine Aziz (1926-2003) a été journaliste à Libération et a également publié Animal Zone (Presses de la Renaissance, 1998), son deuxième livre autobiographique.Préface de Christelle Taraud, historienne, auteur de La Prostitution coloniale : Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962 (Payot, 2003).

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