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Réveils amérindiens. Du Mexique à la Patagonie - Christian Rudel - Karthala - broché - Etude
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Lorsque, au soir de son triomphe, le 18 décembre 2005, le nouveau président bolivien, l'Indien aymara Juan Evo Morales Ayma, s'écria : «L'année prochaine commence la nouvelle histoire de la Bolivie, celle de l'égalité, de la justice sociale, de la paix et de l'équité», tous les peuples indigènes de l'Amérique dite latine sentirent que la victoire d'Evo Morales était aussi leur victoire - un couronnement de leurs longues luttes - et que la «nouvelle histoire» annoncée n'était pas pour la seule Bolivie mais pour tous les peuples indiens.La victoire de l'Aymara Morales allait effacer plus de cinq siècles de diverses dominations étrangères, de mépris, de rejet brutal dans la sous-humanité, de déni de tous les droits humains et de pillage des richesses du sous-continent. Elle allait enfin ouvrir les portes de la liberté, de la réappropriation de l'histoire et du «vivre bien» selon la philosophie indienne, c'est-à-dire en harmonie avec le cosmos, les hommes, la nature et la vie sous toutes ses formes.Mais il reste des combats à mener. Car les Indiens doivent faire face à une recrudescence du racisme, de la xénophobie, des réactions de défense des classes et des pouvoirs établis depuis la Conquête, ainsi qu'à un danger plus sournois, conséquence du monde néolibéral globalisé, l'uniformisation culturelle et la perte des valeurs traditionnelles, fondements de leurs sociétés. Plus de vingt ans après Les Amériques indiennes, Christian Rudel nous apporte une information et une réflexion renouvelées sur les réveils amérindiens en Amérique du Sud et du Centre.Grand reporter et spécialiste de l'Amé­rique latine, Christian Rudel a publié de nombreux reportages, études et livres. Les éditions Karthala ont notamment fait paraître : Le Guatemala, terrorisme d'Etat ; Mexique, des Mayas au pétrole ; Les Amé­riques indiennes, le retour à l'histoire ; Le Paraguay ; La République dominicaine ; L'Equateur et La Bolivie.Extrait du livre :Le combat du condor contre le taureauDans la grande salle inférieure de la Capilla del Hombre (la chapelle de l'Homme) de Quito où est rassemblée une partie des oeuvres du peintre équatorien Osvaldo Guayasamin (1919-1999), un seul tableau occupe presque un des côtés ; il représente la lutte du condor et du taureau. Les dimensions du tableau, ses couleurs sombres, les traits puissants des combattants étroitement empoignés, tout indique le drame et son issue prochaine, la mort de l'un des adversaires. Il s'agit bien d'un drame, et l'original, voulu et organisé comme une fête - une fête du sang, une yawar fiesta - se joue encore parfois dans le sud des Andes péruviennes.Il faut d'abord capturer un condor, ce qui n'est pas chose aisée et demande patience et habileté. Puis le grand oiseau est fermement attaché sur l'encolure d'un taureau. Le condor voulant se libérer, il s'ensuit une longue lutte féroce et cruelle entre la bête et le rapace, au terme de laquelle le roi des Andes, par ses terribles coups de bec, vient à bout de sa monture.Assistant à une telle fête, le touriste occidental de passage ne verrait sans doute que le sang et la «boucherie» d'un spectacle barbare et inutile tandis que l'homme des Andes y voit l'histoire et le triomphe final de son peuple - symbolisé par le condor, libre oiseau des Cordillères - sur tous les envahisseurs, colonisateurs et maîtres - symbolisés par le taureau, animal étranger importé aux Amériques par les Espagnols. Tout ensemble, le passé d'un peuple vaincu, le présent de résistance face à ses maîtres et l'espoir (la certitude ?) d'un avenir de renouveau et de liberté.Mémoire, résistance, espoir : la chaîne et la trame de la vie des peuples indigènes de l'Amérique dite latine depuis que Christophe Colomb, au matin du 12 octobre 1492, entrevit leur continent - un continent qu'à sa suite les Européens envahirent et pillèrent. Ils soumirent ses peuples, brisèrent leurs sociétés, éliminèrent leurs autorités et, croyant avoir affaire à des sauvages et à des primitifs, ils se mirent en devoir de les «civiliser», de les éduquer et de les amener à la vraie religion.Extrait de l'introduction

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Réveils amérindiens. Du Mexique à la Patagonie - Christian Rudel - Karthala - broché - Etude

Lorsque, au soir de son triomphe, le 18 décembre 2005, le nouveau président bolivien, l'Indien aymara Juan Evo Morales Ayma, s'écria : «L'année prochaine commence la nouvelle histoire de la Bolivie, celle de l'égalité, de la justice sociale, de la paix et de l'équité», tous les peuples indigènes de l'Amérique dite latine sentirent que la victoire d'Evo Morales était aussi leur victoire - un couronnement de leurs longues luttes - et que la «nouvelle histoire» annoncée n'était pas pour la seule Bolivie mais pour tous les peuples indiens.La victoire de l'Aymara Morales allait effacer plus de cinq siècles de diverses dominations étrangères, de mépris, de rejet brutal dans la sous-humanité, de déni de tous les droits humains et de pillage des richesses du sous-continent. Elle allait enfin ouvrir les portes de la liberté, de la réappropriation de l'histoire et du «vivre bien» selon la philosophie indienne, c'est-à-dire en harmonie avec le cosmos, les hommes, la nature et la vie sous toutes ses formes.Mais il reste des combats à mener. Car les Indiens doivent faire face à une recrudescence du racisme, de la xénophobie, des réactions de défense des classes et des pouvoirs établis depuis la Conquête, ainsi qu'à un danger plus sournois, conséquence du monde néolibéral globalisé, l'uniformisation culturelle et la perte des valeurs traditionnelles, fondements de leurs sociétés. Plus de vingt ans après Les Amériques indiennes, Christian Rudel nous apporte une information et une réflexion renouvelées sur les réveils amérindiens en Amérique du Sud et du Centre.Grand reporter et spécialiste de l'Amé­rique latine, Christian Rudel a publié de nombreux reportages, études et livres. Les éditions Karthala ont notamment fait paraître : Le Guatemala, terrorisme d'Etat ; Mexique, des Mayas au pétrole ; Les Amé­riques indiennes, le retour à l'histoire ; Le Paraguay ; La République dominicaine ; L'Equateur et La Bolivie.Extrait du livre :Le combat du condor contre le taureauDans la grande salle inférieure de la Capilla del Hombre (la chapelle de l'Homme) de Quito où est rassemblée une partie des oeuvres du peintre équatorien Osvaldo Guayasamin (1919-1999), un seul tableau occupe presque un des côtés ; il représente la lutte du condor et du taureau. Les dimensions du tableau, ses couleurs sombres, les traits puissants des combattants étroitement empoignés, tout indique le drame et son issue prochaine, la mort de l'un des adversaires. Il s'agit bien d'un drame, et l'original, voulu et organisé comme une fête - une fête du sang, une yawar fiesta - se joue encore parfois dans le sud des Andes péruviennes.Il faut d'abord capturer un condor, ce qui n'est pas chose aisée et demande patience et habileté. Puis le grand oiseau est fermement attaché sur l'encolure d'un taureau. Le condor voulant se libérer, il s'ensuit une longue lutte féroce et cruelle entre la bête et le rapace, au terme de laquelle le roi des Andes, par ses terribles coups de bec, vient à bout de sa monture.Assistant à une telle fête, le touriste occidental de passage ne verrait sans doute que le sang et la «boucherie» d'un spectacle barbare et inutile tandis que l'homme des Andes y voit l'histoire et le triomphe final de son peuple - symbolisé par le condor, libre oiseau des Cordillères - sur tous les envahisseurs, colonisateurs et maîtres - symbolisés par le taureau, animal étranger importé aux Amériques par les Espagnols. Tout ensemble, le passé d'un peuple vaincu, le présent de résistance face à ses maîtres et l'espoir (la certitude ?) d'un avenir de renouveau et de liberté.Mémoire, résistance, espoir : la chaîne et la trame de la vie des peuples indigènes de l'Amérique dite latine depuis que Christophe Colomb, au matin du 12 octobre 1492, entrevit leur continent - un continent qu'à sa suite les Européens envahirent et pillèrent. Ils soumirent ses peuples, brisèrent leurs sociétés, éliminèrent leurs autorités et, croyant avoir affaire à des sauvages et à des primitifs, ils se mirent en devoir de les «civiliser», de les éduquer et de les amener à la vraie religion.Extrait de l'introduction

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Lorsque, au soir de son triomphe, le 18 décembre 2005, le nouveau président bolivien, l'Indien aymara Juan Evo Morales Ayma, s'écria : «L'année prochaine commence la nouvelle histoire de la Bolivie, celle de l'égalité, de la justice sociale, de la paix et de l'équité», tous les peuples indigènes de l'Amérique dite latine sentirent que la victoire d'Evo Morales était aussi leur victoire - un couronnement de leurs longues luttes - et que la «nouvelle histoire» annoncée n'était pas pour la seule Bolivie mais pour tous les peuples indiens.La victoire de l'Aymara Morales allait effacer plus de cinq siècles de diverses dominations étrangères, de mépris, de rejet brutal dans la sous-humanité, de déni de tous les droits humains et de pillage des richesses du sous-continent. Elle allait enfin ouvrir les portes de la liberté, de la réappropriation de l'histoire et du «vivre bien» selon la philosophie indienne, c'est-à-dire en harmonie avec le cosmos, les hommes, la nature et la vie sous toutes ses formes.Mais il reste des combats à mener. Car les Indiens doivent faire face à une recrudescence du racisme, de la xénophobie, des réactions de défense des classes et des pouvoirs établis depuis la Conquête, ainsi qu'à un danger plus sournois, conséquence du monde néolibéral globalisé, l'uniformisation culturelle et la perte des valeurs traditionnelles, fondements de leurs sociétés. Plus de vingt ans après Les Amériques indiennes, Christian Rudel nous apporte une information et une réflexion renouvelées sur les réveils amérindiens en Amérique du Sud et du Centre.Grand reporter et spécialiste de l'Amé­rique latine, Christian Rudel a publié de nombreux reportages, études et livres. Les éditions Karthala ont notamment fait paraître : Le Guatemala, terrorisme d'Etat ; Mexique, des Mayas au pétrole ; Les Amé­riques indiennes, le retour à l'histoire ; Le Paraguay ; La République dominicaine ; L'Equateur et La Bolivie.Extrait du livre :Le combat du condor contre le taureauDans la grande salle inférieure de la Capilla del Hombre (la chapelle de l'Homme) de Quito où est rassemblée une partie des oeuvres du peintre équatorien Osvaldo Guayasamin (1919-1999), un seul tableau occupe presque un des côtés ; il représente la lutte du condor et du taureau. Les dimensions du tableau, ses couleurs sombres, les traits puissants des combattants étroitement empoignés, tout indique le drame et son issue prochaine, la mort de l'un des adversaires. Il s'agit bien d'un drame, et l'original, voulu et organisé comme une fête - une fête du sang, une yawar fiesta - se joue encore parfois dans le sud des Andes péruviennes.Il faut d'abord capturer un condor, ce qui n'est pas chose aisée et demande patience et habileté. Puis le grand oiseau est fermement attaché sur l'encolure d'un taureau. Le condor voulant se libérer, il s'ensuit une longue lutte féroce et cruelle entre la bête et le rapace, au terme de laquelle le roi des Andes, par ses terribles coups de bec, vient à bout de sa monture.Assistant à une telle fête, le touriste occidental de passage ne verrait sans doute que le sang et la «boucherie» d'un spectacle barbare et inutile tandis que l'homme des Andes y voit l'histoire et le triomphe final de son peuple - symbolisé par le condor, libre oiseau des Cordillères - sur tous les envahisseurs, colonisateurs et maîtres - symbolisés par le taureau, animal étranger importé aux Amériques par les Espagnols. Tout ensemble, le passé d'un peuple vaincu, le présent de résistance face à ses maîtres et l'espoir (la certitude ?) d'un avenir de renouveau et de liberté.Mémoire, résistance, espoir : la chaîne et la trame de la vie des peuples indigènes de l'Amérique dite latine depuis que Christophe Colomb, au matin du 12 octobre 1492, entrevit leur continent - un continent qu'à sa suite les Européens envahirent et pillèrent. Ils soumirent ses peuples, brisèrent leurs sociétés, éliminèrent leurs autorités et, croyant avoir affaire à des sauvages et à des primitifs, ils se mirent en devoir de les «civiliser», de les éduquer et de les amener à la vraie religion.Extrait de l'introduction

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